Entre leurs mains…

Accoucher c’est à la fois si simple et si compliqué.

Les femmes l’ont fait pendant des millénaires, elles le font à chaque instant et le feront encore des milliers d’années.

Et pourtant, toute femme redoute ce moment des plus naturel.

Les sage-femmes sont là pour nous accompagner, mais leur rôle (que personnellement je trouve bien trop réduit par les lois, même si elles nous sont tellement indispensables) est très différent en fonction de leur lieu d’exercice.

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Ma première fille est née à l’hôpital, dans un énorme hôpital de la région parisienne dans des conditions qui aujourd’hui me glace le sang.

Pourtant juste après sa naissance, et pendant des années, j’ai dit à qui veut l’entendre que l’hôpital l’a sauvé la vie, qu’il (le médecin qui m’a accouché) a sauvé ma fille.

La vérité, c’est que c’est l’hôpital qui a mis ma vie en danger avec leurs protocoles, leur produit pour me déclencher, leurs perfusions, leur péridurale qui m’empêchait de sentir jusqu’à mes propres jambes

La vérité c’est que même si je n’ai pas vécu ou souffert le quart de ce qu’a vécu Natacha, ce que j’ai vécu là bas n’est pas normal.

Il n’est pas normal qu’une femme qui vient accoucher, qui n’est donc ni malade, ni en danger, soit ancrée dans des cases dont elle ne pourra pas sortir. Il n’est pas normal qu’on la traite comme une malade dépourvu de son droit à être clairement informée et de son droit de choisir ou refuser un acte médical (on en parle des coupeurs de foufoune en série ???)

Déclenchement au jour J, péridurale à 3cm, 24h allongée, impossibilité de boire ou de manger, péri que l’on réactionne toutes les heures, informations données au compte goute, sonde urinaire imposée par la péri et l’allongement, poche des eaux percée trop tôt (4cm pour ma grande, celle de ma petite c’est percée seule 5 min avant sa naissance), certaines femmes subissent encore l’expression abdominale que l’OMS considère comme une aberration. Et on demande toujours aux femmes de se taire alors que le cri, surtout le cri grave, est un appel du corps et un besoin, on ne peut pas lutter contre.

Je pense moi que c’est l’accouchement en général en France qui est une aberration.

1 sage-femme pour 2 ou 3 femmes, là ou 1 sage-femme/ une femme est le bon ratio (c’est comme cela en angleterre par ex).

Une position imposée pour et par les hommes aux femmes. J’ai vécu l’accouchement naturel, j’ai changé 10 fois de positions, JAMAIS mon corps ne m’a hurlé de m’allonger sur le dos et aucun mammifère ne donne naissance ainsi, aucun.

Alors des sages-femmes, pour diverses rasons, mais souvent par prise de conscience que cette façon d’accompagner les femmes n’est pas la bonne, décident de pratiquer des accouchements à domicile (AAD), parfois à défaut de pouvoir le faire dans une maison de naissance (mais cela va peut-être changer).

Ces sages-femmes sont des passionnées (je ne dis pas que les autres ne le sont pas, mais leurs prises de risques et leurs engagements sont différents).

Elles sont au bord de la légalité, ne pouvant pas s’assurer (20 000 à 30 000 euros par an de primes pour les AAD).

Certaines ont monté ce qui ressemble à des maisons de naissances, elles les appelle plateau-technique puisque souvent cela se passe dans une chambre nature dans une maternité (vous avez votre sage-femme libérale mais êtes sur place en cas de complications – c’est l’option que j’avais prise pour ma petite). C’est par exemple au groupe naissance que ma petite est née il y a 3 ans, il en existe d’autres.

Muriel, Jacqueline, Sidonie et Cécile (et Francine qui m’a merveilleusement accompagné il y a 3 ans) se livrent en toute pudeur dans ce reportage diffusé sur LCP le 24 décembre (pourquoi ce jour alors que peu de gens regarde ??? comme si les femmes qui nous accompagnent pour accoucher aujourd’hui de la société de demain ne sont pas importantes).

Elles nous montrent comment elles ont choisi d’accompagner les femmes pour qu’enfin, elles se réapproprient ce qui leur a été volé : le droit d’accoucher comme leur corps et leurs sensations leur hurlent de le faire.

 Pour trouver une sage-femme AAD ou disposant d’un plateau-technique c’est là.

 



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3 Comments on Entre leurs mains…

  1. Supamam
    26/12/2013 at 1:45 (8 mois ago)

    On est tellement d’accord ! J’ai moi aussi accouché de mon premier en hopital de niveau3, comme pour me rassurer alors que j’avais eu une grossesse parfaite, juste par manque d’information pendant la grossesse, j’étais tellement pleine d’angoisse que j’ai préféré passer le relais à « ceux qui savent » quoi faire… Aujourd’hui je ne referais plus cette erreur.
    Je suis heureuse de savoir que l’année prochaine une maison de naissance ouvre ses portes à côté de chez moi, on pense à bb2 pour bientôt alors j’espère vraiment pouvoir bénéficier d’un bon accompagnement, pouvoir me rappeller de tous les moments, de pouvoir choisir comment je veux gérer mon travail, dans quelle position pousser,… bref un accouchement, un vrai ! :)
    J’ai enregistré le docu, sachant que je ne pourrais pas le voir mardi soir ;)

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1Pingbacks & Trackbacks on Entre leurs mains…

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