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jan 15 2014

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Combattre cette mère en moi …

Devenir et être mère c’est accepter, à contre coeur de vivre avec les peurs les plus profondes.

Jamais avant d’être maman, je n’aurais imaginé que la peur c’était ça. Un truc viscéral qui vous colle les tripes pour ne plus vous lâcher ou si peu.munch 231x300 Combattre cette mère en moi ...

Avant, j’avais peur.

J’avais peur de rentrer tard le soir en métro, j’avais peur des guêpes et des ombres la nuit.

Maintenant je suis terrorisée à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à mes filles. Je suis une mère.

Alors comme toutes les mamans du monde (on exclura les psychopathes du terme « toutes »), je freine, j’empêche, je protège, je sur-protège même.

Contre leurs désirs parfois.

Je dit « attention », je dis « ne touche pas tu vas te faire mal », je hurle « stop » à 50M du passage piéton.

J’ai vécu des années horribles à couper en micro morceaux le moindre bout de viande (et je coupe toujours les saucisses dans la longueur) parce que j’ai peur qu’elles s’étouffent. J’ai parfois serré la main de ma grande si fort dans la rue que je lui ai fait mal parce que j’ai peur de l’accident. J’ai répété 1000 fois « attention tu vas tomber » Jusqu’au jour ou elle est tombée… parce qu’elle a tourné la tête pour m’écouter lui dire ça !

Ce jour là, j’ai décidé que je ne leur transmettrait plus mes peurs.

Je resterai une maman prudente, parce que c’est en moi, mais je ne veux plus être une maman trop prudente au point de les priver de certaines choses.

j’ai décidé que mes propres peurs de maman (et j’en ai bcp) ne devront plus prendre le dessus sur certaines envies des mes filles.

Elles vont vivre leurs vies de petites filles loin, très loin de mes angoisses de mère.

La grande va à la piscine avec le centre de loisir, même si moi je veux hurler « non ». Plusieurs fois elle m’a demandé de mettre ses affaires de piscine le mercredi pour le centre de loisirs et j’ai toujours dit non. Jusqu’au jour ou elle m’a dit « c’est pas juste ». Et elle avait raison. Ce n’était pas juste pour elle, c’était juste pour moi. Juste parce que moi j’avais peur d’une infinie probabilité de noyade. Nous prenons bien plus de risques en allant acheter le pain à 3 rues de chez nous !

Donc maintenant; elles font de la trottinette sur les trottoirs même si mon corps veut les retenir (mais pas sans casques !) et si elles le veulent, elles iront en colonies de vacances même si je vais trembler en les déposant au train… parce que ce sont mes peurs pas les leurs !

 

Je ne vais pas devenir « parfaite » de ce point de vu là. Un « attention » sortira encore de ma bouche et dans mes yeux elles liront surement encore beaucoup d’inquiétude, mais je ne leur refuserais plus une activité juste parce que le problème c’est moi !

 

 

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15 comments

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  1. milili566 (4 comments)

    Excellent billet, n’empêchons pas nos enfants de vivre parce NOUS avons peur.
     
    Et comme dis un célèbre dicton: La peur n’évite pas le danger!
     

  2. celine57 (2 comments)

    Je me reconnais tellement dans ce que vous écrivez…….

  3. sylvie Barbera (86 comments)

    J’étais insouciante, une ado, et je suis devenue angoissée de la vie, une mère.
    Excellent post merci!

  4. madamezazaofmars (4 comments)

    Il est très bon ton billet et je m’y reconnais beaucoup meme si avec le temps qui passe et le nombre d’enfants qui augmentent, mes peurs elles ont tendance a diminuer.
    Et pour la classe verte ici, ce n’est pas moi qui m’inquiète mais mon fils qui ne veut pas y aller. Va comprendre ;-)

  5. CourbesGenereuses (7 comments)

    c’est tout à fait ça !!
    et c’est là que je me suis rendue compte que leur paternel était vraiment TRES important car lui n’a peur de rien !!! et j’arrive à déléguer la *responsabilité* sur lui, hop, cadeau !!!
    bon, je croise les doigts pour qu’il n’arrive jamais rien sous sa responsabilité (ou la mienne !!) parce que je crois que je lui pourrirais la vie bien comme il faut …!!
    après, je leur explique aussi : 
    - je suis pétée de trouille qd on marche en montagne au bord d’un ravin (ça marche aussi pour un grand fossé, of course, merci le vertige) : je leur demande de marcher côté montagne, j’explique que c’est MA peur, mais que j’apprecierai qu’elles montrent qu’elles ont compris les regles de sécurité plutot que de jouer les cabris au bord de la falaise …
    - la sécurité reste la règle n°1 en toute circonstance = ds la rue, en vélo etc et là, rien à voir avec une peur ou quoi, la sécurité c’est la sécurité et p’is basta, zero discussion !!

  6. Fred / Une souris bleue (4 comments)

    Quand on devient maman on n’est plus jamais sereine je crois. Le tout est de se contrôler pour ne rien montrer …

  7. Mademoiselle Mummy (2 comments)

    C’est tellement vrai, c’est une éternelle inquiétude. On peut essayer de l’appréhender mieux mais elle est aussi intimement liée à notre rôle de maman…Ma fille n’a que 5 mois mais j’ai des frissons à te lire. Déjà maintenant il m’arrive de penser à des scénarios cata affreux alors je n’ose pas imaginer quand elle sera en âge de faire de la trotinnette sur la rue.

  8. sophie mum (20 comments)

    oh mais attention je leur dis tout le temps meme quand le grand va faire une course fait attention et il me regarde bizare

  9. Milie (152 comments)

    Il y a des choses sur lesquelles j’accepte de transiger, d’autres non ;)
    Milie Articles récents…Top 25 des billets les plus lus en 2013 sur CQCBMy Profile

  10. Lil Mum (1 comments)

    Comme je te comprends !
    Cette peur irrationnelle, cette sensation d’étouffer, parfois.
    Je me fais violence parfois pour ne pas laisser transparaitre mes peurs.
    La chance que mon fils a, c’est que son père me calme, me rassure…
     
     

  11. Aurélia (3 comments)

    c’est clair que c’est dur de les laisser sortir tout seul, on a toujours peur de ce qui pourrait leur arriver. Mais il faut bien le faire un jour ou l’autre. Très bon article.

  12. Flying-mama (12 comments)

    Comme je te comprends, et comme j’admire ta résolution!

  13. Marylin (8 comments)

    Oui, je vois tout à fait : une espèce de truc qui va jusqu’à t’empêcher de respirer, de bouger tellement ça te serre l’estomac, le coeur… Et on finit par tous se crier dessus tellement la tension est palpable.
    Bref, c’est pas le top.
    Du coup, j’ai trouvé une parade pas mal : pour des trucs ou je sens que je vais être trop flippée, je délègue et n’y vais pas ou reste très en retrait (mais vraiment, hein).
    Et ben au final, ça se passe très bien, et tout le monde est très content.
    En vrai je n’ai réussi à le faire que 2 fois jusqu’à présent, mais le résultat était tellement apaisant qu’il faut absolument que je m’y astreigne plus souvent.
    C’est dur d’être mère, hein ^^!

  14. Mél DequoijemeMél (9 comments)

    J’aurais pu l’écrire cet article, j’ai peur de tout en ce qui concerne mes garçons, comme si mon radar à danger était multiplié par 100 ou 1000 quand il s’agit d’eux, alors je t’applaudis pour cette résolution, je les laisse faire du sport, aller à des sorties scolaires … mais je flippe toujours, je serais incapable de ne pas leur dire attention ou stop à 50 m du bord de la route (ouais me faut une limite large !)

  15. Milune (4 comments)

    Je suis Nounou et vu comme je suis une flippée pour les enfants que je garde mais aussi pour les gens qui m’entourent même les adultes, je ne veux même pas imaginer comment ce sera quand je serais maman je vais me rendre malade je crois. Il faudra que j’apprenne à relativiser mais ça ne va pas être facile.

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